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Pourquoi j’ai décidé d’écrire un livre

Pourquoi j’ai décidé d’écrire un livre - Valérie Perez

Il y a deux semaines, j’enterrais mon père. Pourtant, je n’aurais pas assisté à ses funérailles sans l’insistance de ma famille, en particulier mon frère. Le fait est que je ne supportais pas la présence de ma mère qui continuait ses liaisons, alors que mon père était mourant sur son lit d’hôpital.

Les phrases énigmatiques habituelles de mon père

La dernière chose que mon père m’a demandée de son vivant, m’a pour le moins surpris. Il voulait que j’écrive un livre, un roman qui retrace les différents événements ayant marqué notre famille. Je lui ai demandé si cela incluait aussi le drame provoqué par les liaisons de ma mère. Sans broncher, il me disait d’écrire absolument tout ce dont je me souvenais. Quand je voulais savoir l’intérêt d’écrire ce livre, il m’a répondu : « Tu t’en rendras compte par toi-même en l’achevant. »

Un voyage dans un passé tourmenté

J’ai donc esquissé les premières pages en racontant la vie de mes parents avant la naissance de ses enfants, deux garçons et trois filles. Contrairement à ma mère, mon père n’avait pas fait de hautes études. Avec un baccalauréat professionnel en poche, il a décroché son premier contrat dans une entreprise du bâtiment montréalaise. Puis, après une dizaine d’années de bons et loyaux services, il fut l’une des victimes d’un plan de restructuration. La société engrangeait pourtant des bénéfices astronomiques, mais sacrifiait les investissements et les postes. Le directeur était obsédé par l’introduction en bourse qui, selon ses dires, n’aurait été possible qu’en augmentant significativement le montant des dividendes. Mon père avait caché tout cela à ma mère pendant des mois.

Je devais écrire mes ressentis dans le livre

Il enchaînait petits travaux après petits travaux. Au bout d’un certain temps, il s’est fait recruter par une autre entreprise du bâtiment, mais cette fois avec un contrat de trois mois. Il alternait différentes tâches : construction d’abri de piscine, installation de modules solaires photovoltaïques, remplacement toiture Gatineau, etc. Il n’était pas bien payé, mais il faisait avec. C’est à cette période que ma sœur jumelle et moi sommes nés. À douze ans, je surprenais la trahison de ma mère envers notre famille, mais surtout envers mon père. Après dix ans d’hésitation, je m’apprêtais à tout avouer à mon père, parce que cela me torturait l’esprit. Mais je n’en ai pas eu l’occasion parce qu’en rentrant de l’université, un poids lourd m’a percuté violemment sur un axe routier. Ma mère était tous les jours à mon chevet, mais pas mon père, qui avait sombré dans l’alcoolisme. Je n’étais qu’à mi-chemin de mon livre, quand j’ai compris qu’avoir une famille avec des non-dits et des tromperies, c’était mieux qu’une famille entièrement déchirée.

 

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Passionnée de la nature, des animaux et des relations vraies, on me dit intense, directe et authentique. C’est vrai que j’ai toujours une opinion sur tout et que je ne me gêne pas pour les exprimer ! Qui m’aime me suive … sur mon blog.